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  • Karin TL

15 juin 2021

68 000 plaquettes en moins en trois mois. Je devrais faire des bonds au plafond. Crier de joie. Pleurer d'émotion. Que nenni. Il en reste encore 30 000 de trop pour pouvoir diminuer mes doses de chimio. Et ça me fait râler. Sacrément râler. Je râle après tout. Tout et rien. Après le beau temps dont je n'ai pas le temps de profiter car trop de taf. Après ce soleil qui me fait de l'œil et à qui je n'ai pas intérêt d'offrir ma peau sous peine de complications (Hydréa et UV ne sont pas les meilleurs potes de l'univers...). Après ces nuits qui n'en sont pas tant mon corps prend feu car ma moelle osseuse délire un peu trop en ce moment. Après ces gens trop lents, alors que j'aime aller vite, si vite, enchaîner les idées et les actes, en me fiant à mon intuition, à cette petite voix qui me dit "Vas-y ! Fonce !". Après toutes ces démarches administratives à la noix, liées à mon statut de travailleur indépendant - ma liberté, je trouve que je la paye chère quand il s'agit de paperasses ! Après ces gens qui râlent plus que moi... Putain de chimio ! Pas question de pleurer. Pas question de m'apitoyer sur ma pauv'carcasse... Non je suis juste en pétard car... car je ne sais même pas pourquoi ! Râler pour râler ?... Râler car je suis née râleuse ? Oui, c'est ça... Râler, après tout et rien, sans que personne ne m'entende. A croire que ça me permet de voir que je suis en vie. Malgré tout.

Il est minuit. Et là tout de suite maintenant, je râle car... il est tard et que je suis toujours devant mon écran. Je râle car... je devine que ma nuit sera pourrie et que demain je devrais vivre normalement. Je râle car... cette drôle de vie, c'est la mienne. Et je l'aime !

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