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  • Karin TL

20 juin 2021

Je suis sans aucun doute joueuse. Trop joueuse… Si hier le « Faites vos jeux ! » me faisait frémir, aujourd’hui je joue avec moi-même… Pousser toujours plus loin la limite. Un tout petit peu plus loin chaque jour. Juste un tout petit peu. Pour vivre. Pour avoir la sensation de vivre comme tout le monde…

Alors encore une fois, j’ai joué. J’ai joué toute la semaine. En travaillant comme si de rien était. En oubliant les nuits trop courtes à cause de douleurs lancinantes. En serrant les dents pour ne pas hurler. En me laissant happée par le tourbillon de mon job que j’aime tant. Bosser. Rire. Avancer. Comme si…


- Tu vas bien ?

- Je n’irai bien que le jour où je serai morte ou je vais toujours bien : au choix !

Échange de sms… Oui, je vais toujours bien ! Je me demande toujours pourquoi les gens posent de telles questions ? « Comment vas-tu ? » Ils n’écoutent pas les réponses. Ils ne veulent pas les écouter… Ils n’en ont sans doute pas le temps ou n’ont-ils pas à savoir ?…

- Ça fait un bail… Tu es resplendissante ! Tu pètes la santé !

- Merci ! J’ai juste une maladie rare incurable et je gobe de la chimio tous les jours. Mais tu as raison : je suis resplendissante !

Échange sur une terrasse de café avec… un homme politique qui ne savait rien de mon voyage. Moment de délectation. Car je revendique le droit de m’amuser de moi-même quitte à vexer autrui… Sans limites. Sans plus de limites. Puisque ma vie n’est pas la leur. Puisque ma vie n’est pas la vôtre. Au diable la bienséance !


J’ai joué. Ce week-end encore. Forte des rires de mes Zamours revenus en partie au nid. Forte de leurs mots doux, de leurs attentions, de leurs regards si prévenants. J’ai joué avec la vie. Et ce soir, je souris de mes douleurs. Mes pieds font la gueule. Mes pieds brûlent. Mais je m’en moque. Car je vis. J’ai sur les mains des traces de terre qui refusent de partir… comme si je ne devais pas oublier que la nature m’octroie le privilège de me donner un peu de sa force. Chaque jour, un peu plus. La force de rire. De vivre et d’emmerder ma moelle osseuse…

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