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  • Karin TL

28 mai 2020

Les points d’interrogation se succèdent, s’entrechoquent. Pas de points d’exclamation, juste des questions.

Voilà presque huit mois que j’ai entamé ce drôle de voyage dans un pays qui n’existe pas. Voilà presque huit mois qu’en Thrombocythémie je gobe avec le plus grand sérieux mes doses de chimio quotidiennes.

Huit mois... déjà ?

Huit mois... pas plus ?

Huit mois de rires, de larmes, de aïe, de ouilles, de merde, de bonheurs. Huit mois de ma vie. Huit mois de cette nouvelle vie. Une vie qui sera désormais la mienne, en exil définitivement dans ce drôle de pays qui n’existe pas. Je ne guérirai pas. Je le sais. Je ne vivrai plus sans mes cachetons de chimio, sans mes coups de fatigue, sans mes aïe ouille,... Je le sais. Mais je vivrai ! Éternellement en exil. Dans un autre monde que le vôtre. À la fois si proche et si lointain... J’y vivrai, décidée à ne pas être nostalgique de ma vie d’avant. J’y vivrai avec le sourire, tant que ma maladie invisible voudra bien ne pas muter. J’y vivrai avec l’envie féroce de vivre !

Alors je m’interroge. Je m’étais promis de mettre un point final à ce carnet de bord, le jour où le professeur Tournesol me dirait d’arrêter la chimio. Je n’arrêterai pas ! Donc, désormais, dois-je continuer à coucher des mots sur cet écran ? A raconter un voyage qui n’aura rien de palpitant puisque je peux maintenant deviner quel sera mon chemin ? N’est-il pas temps de vivre sans mots ? Je ne sais plus. Je vais dormir, épuisée ce soir, vermoulue, un peu perdue... Demain... je saurai peut-être.

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